Compte rendu d’une visiteuse ayant participé à une ronde de nuit accompagnée d’un salarié de l’association Bwära Tortues marines, ayant pour mission la protection des tortues grosses têtes.
Attention : La participation aux rondes ne s’effectue que sur inscription (www.bwara-tortues-marines.nc ) et les visiteurs doivent impérativement respecter les consignes qui leur sont données. Les rondes sont très longues et ne doivent pas être vécues comme une attraction. Les membres de l’association demandent que ne participent que les personnes sensibilisées, respectueuses de l’environnement.
« Nous arrivons vers 21 h, près de la cabine téléphonique de la Baie de la Roche Percée, où nous rencontrons Olivier, salarié de l'association Bwära Tortues Marines. Une dizaine de personnes partent avec lui arpenter la longue plage sous la lune, espérant assister à la ponte d'une de ces tortues… En cours de route, Olivier nous explique comment vont se dérouler nos observations… Tout d’abord, le repérage de la trace très large laissée sur la plage par la tortue sortant de l'eau. Ensuite, le repérage de la tortue sur le haut de la plage et l’observation du stade d'évolution du travail de ponte. Enfin, le blocage de la tortue au moment de son retour à l'eau pour un baguage éventuel et des mesures de la carapace. Trois étapes sont particulièrement critiques au moment de la ponte : la sortie de la mer, le creusement du nid et sa fermeture.
Une centaine d’œufs tout blancs
Moins d'une demi-heure après, nous rencontrons la première trace. Olivier repère la tortue et revient en nous disant qu'elle en est au creusement de son nid. Le nid creusé dans du sable sec est cylindrique, d'une vingtaine de cm de diamètre et profond de 40 à 60 cm. La tortue y pondra une centaine d'œufs tout blancs, de la grosseur d'une balle de ping-pong. Nous attendons patiemment assis sur la plage... Une heure plus tard, Olivier retourne la voir et nous apprend qu'elle a changé de lieu pour creuser son nid : le terrain était-il trop difficile à creuser ? Le deuxième essai n’est pas plus concluant et la tortue retourne à la mer, sans pondre… Les volontaires l’interceptent pour la baguer. C'est le seul moment où une petite lampe électrique s'allume pour assurer la manœuvre. Ensuite, tout le monde s'écarte, laissant libre le retour à la mer.
Pendant la ronde, qui a duré jusqu'à 3h 30 du matin, nous avons eu la chance de rencontrer sept de ces magnifiques animaux. Trois d'entre elles ont pondu, deux ont été baguées, l'une d'elle était blessée par une pointe de sagaie plantée entre son cou et sa carapace.
Quelle émotion de les voir sortir de mer, se hisser péniblement jusqu'en haut de la plage et retourner, visiblement fatiguée, recouverte de sable après avoir bruyamment rebouché et camouflé leur nid…
Olivier a repéré l'emplacement exact de chacun des nids et noté sur un carnet toutes ses observations. Le lendemain matin, à 5 heures, le travail des membres de cette association continuera : il s'agira de poser des cages sur chacun des nids pour éviter la destruction par les chiens ou les piétinements. Ainsi, 45 jours plus tard, des petites tortues de 7 cm de long tenteront de rejoindre la mer. Une sur mille seulement parviendra à l'âge adulte. On comprend l'importance du travail des salariés et des bénévoles de cette association qui préservent ce deuxième lieu mondial de ponte de tortues à grosses têtes, espèce menacée d'extinction. »
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